Hier, la juridiction a annulé la décision prise lors d’une visite ministérielle en décembre 2022, au cours de laquelle la vitrine de la librairie Les Parleuses avait été recouverte d’un drap noir.
Une visite ministérielle sous tension
Le ministre de l’Intérieur de l'époque Gérald Darmanin se rendait à Nice pour visiter le chantier du nouvel hôtel des polices. Face au bâtiment, la librairie avait autorisé l’affichage de collages féministes dénonçant les violences sexuelles et soutenant les victimes. Les services de l’État avaient estimé que ces messages portaient atteinte à l’ordre public et décidé de les masquer temporairement.
Aucune diffamation retenue
Pour le tribunal, la mobilisation était de faible ampleur et ne justifiait pas une telle mesure. Les juges ont également estimé que les messages affichés ne présentaient aucun caractère diffamatoire. L’État est donc condamné à verser plus de 2 000 euros à la librairie pour l’interruption de son activité et 1.000 euros à l’autrice Hélène Devynck pour le préjudice moral et réputationnel subi.