Affaire Jean Pormanove : Naruto et Safine condamnés pour les violences diffusées en direct

Affaire Jean Pormanove : Naruto et Safine condamnés pour les violences diffusées en direct

Les deux streamers azuréens ont été condamnés ce mercredi à 24 et 18 mois de prison avec sursis. Le tribunal de Nice leur interdit également de publier sur les plateformes numériques pendant six mois.

Des coups, des humiliations et des mises en scène dégradantes diffusés chaque soir devant des dizaines de milliers de spectateurs. La justice a condamné ce mercredi 5 août les deux principales figures de ces directs organisés depuis un local de Contes.

Owen Cenazandotti, connu sous le pseudonyme de Naruto, écope de 24 mois de prison avec sursis et de 15 000 euros d’amende. Safine Hamadi, alias Safine, a été condamné à 18 mois avec sursis et à une amende de 5 000 euros.

Tous deux ont été reconnus coupables de violences et de provocation à la haine ou à la violence. Ils ne pourront plus publier de contenu sur les plateformes numériques pendant six mois.

Des sévices transformés en spectacle

Pendant plusieurs années, les deux amis d’enfance ont animé des directs sur la plateforme Kick mettant notamment en scène Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, et Stéphane Guy, surnommé Coudoux, un homme placé sous curatelle.

Sous couvert de séquences scénarisées et de défis, les deux quadragénaires recevaient des coups de pied, de fouet ou de batte de baseball. Les émissions portaient des titres ouvertement insultants et attiraient chaque soir un public considérable.

Cette mécanique s’est interrompue après la mort de Jean Pormanove, décédé à 46 ans pendant un direct dans la nuit du 18 août 2025. Une enquête était déjà en cours à cette date après plusieurs signalements.

Des peines moins lourdes que les réquisitions

Lors du procès organisé les 6 et 7 juillet, la procureure avait dénoncé un système conçu pour humilier les participants, divertir le public et générer toujours davantage d’argent.

Elle avait requis contre Naruto trente mois de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 30 000 euros. Pour Safine, elle demandait 18 mois avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende.

Présenté comme le premier procès français consacré au "trash streaming", ce dossier possède également un volet parisien. La justice enquête sur le rôle de Kick, notamment sur les éventuelles rémunérations versées aux deux streamers et sur les mesures prises par la plateforme pour empêcher ces dérives.

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