"La mairie n'est pas une paroisse." À Nice, le collectif ViVA! interpelle Éric Ciotti sur la place accordée aux cérémonies religieuses dans la communication municipale.
Le rassemblement affirme avoir relevé trois invitations officielles en trois semaines : l’Assomption du 15 août, l’hommage aux victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice et, plus récemment, la Fête du Malonat.
Cette dernière, organisée les 12 et 13 septembre dans le Vieux-Nice, mêle tradition locale et célébrations religieuses. La Ville indique la célébrer chaque année depuis 1854. Le programme comprenait notamment un chapelet à l’église du Gesù, des processions, une messe et une bénédiction à l’oratoire du Malonat.
ViVA! questionne cette implication municipale : "Où s'arrête la tradition et où commence la confusion entre la mairie et le religieux ?" Le collectif demande à Éric Ciotti de "respecter pleinement le principe de laïcité et la neutralité de la puissance publique en matière religieuse".
Une tradition niçoise ancienne
La Fête du Malonat trouve son origine dans l’épidémie de choléra de 1854, lorsque des habitants du quartier se sont placés sous la protection de la Vierge Marie. Un oratoire a ensuite été construit. Cette dimension historique inscrit donc l’événement dans les traditions niçoises, au-delà de son caractère religieux.
Le collectif évoque également le rassemblement de l’enseignement catholique organisé le 6 mai au Palais Nikaïa. Quelque 2 250 personnes issues de 28 ensembles scolaires y avaient participé, en présence notamment d’Éric Ciotti.
Les critiques formulées par ViVA! ne constituent toutefois pas, en elles-mêmes, le constat d’une violation de la loi de 1905. Celle-ci garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en posant le principe selon lequel la République "ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte".
La question pourrait de nouveau se poser à l’occasion de la Fête de Sainte-Réparate, annoncée par la Ville le 4 octobre. Son programme prévoit notamment une procession dans le Vieux-Nice puis une messe solennelle à la cathédrale Sainte-Réparate.