Du changement en perspective pour la troisième journée de mobilisation contre la vie chère à Nice. Alors que les commerçants redoutent un nouveau samedi difficile, la préfecture des Alpes-Maritimes ouvre la voie à une manifestation déclarée et encadrée par les forces de l'ordre.
Ce mercredi 28 octobre, le préfet Jean-Marie Girier a confirmé avoir reçu une déclaration officielle du syndicat Sud Solidaires pour le rassemblement du samedi 31 octobre.
Une évolution importante après les deux précédents week-ends, marqués notamment par des violences et des dégradations dans le centre-ville niçois.
Un départ place Masséna, mais sans passer par Jean-Médecin
Le nouveau parcours proposé prévoit toujours un rassemblement au départ de la place Masséna, à 14h.
Mais contrairement aux précédentes mobilisations, le cortège éviterait l'avenue Jean-Médecin, principale artère commerçante de Nice, où une quinzaine d'établissements avaient été dégradés le 17 octobre.
Les manifestants emprunteraient l'avenue Jean-Jaurès, la place Garibaldi puis la rue Cassini pour rejoindre le secteur du Port.
L'itinéraire se poursuivrait par le quai Papacino, le quai des États-Unis et l'avenue Max-Gallo, avant un retour place Masséna.
La manifestation est prévue entre 14h et 17h, selon les horaires communiqués par la préfecture.
Ce parcours doit encore faire l'objet de discussions avec les organisateurs.
Le préfet répond aux inquiétudes des restaurateurs
Ce nouvel itinéraire intervient après l'interpellation des autorités par l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) des Alpes-Maritimes.
Son président, Éric Abihssira, avait demandé au préfet de déplacer les manifestations hors des principales zones commerciales, d'organiser les cortèges en matinée et de renforcer la protection des établissements.
Les restaurateurs niçois avaient notamment dénoncé une chute de leur activité lors des précédents rassemblements, avec de nombreuses annulations de réservations.
Dans un courrier adressé à l'Umih, Jean-Marie Girier assure avoir entendu leurs préoccupations.
"Je mesure pleinement l'inquiétude de vos adhérents sur les conséquences que les manifestations peuvent avoir sur les commerces, les réservations et la fréquentation des établissements", écrit-il.
Le représentant de l'État considère que l'existence d'un organisateur identifié permettra de mieux préparer le dispositif de sécurité.
Une réunion décisive jeudi en préfecture
Les représentants de Sud Solidaires sont attendus jeudi 29 octobre en préfecture pour examiner les modalités du défilé et les éventuelles modifications du tracé.
L'objectif affiché est de permettre l'exercice du droit de manifester tout en limitant les risques de débordements et les conséquences économiques pour le centre-ville.
Le préfet promet une mobilisation importante des forces de sécurité.
Un autre rendez-vous est déjà en préparation pour le jeudi 5 novembre. La CGT a été reçue mardi en préfecture afin d'échanger sur le déroulement de cette future manifestation.
Pour samedi, les appels à manifester circulent également sur les réseaux sociaux avec une particularité liée à Halloween : les participants sont invités à venir déguisés.
Reste à déterminer si le nouveau parcours proposé permettra d'éviter les tensions observées lors des deux derniers week-ends.