La sécheresse gagne encore du terrain dans les Alpes-Maritimes. Après une réunion du comité ressource en eau jeudi 13 août, le préfet Jean-Marie Girier a décidé d’étendre les restrictions à 18 nouvelles communes.
Dès ce vendredi 14 août, 100 communes du département sont ainsi soumises à des mesures allant du niveau d’alerte au niveau de crise. Les autres restent placées en vigilance sécheresse, en vigueur depuis le 1er juin.
Le niveau le plus élevé concerne le bassin versant de la Cagne. La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence sont placées en crise, ainsi que Cagnes-sur-Mer pour les usages qui ne sont pas raccordés au réseau d’eau potable.
Dans ces secteurs, la remise à niveau des piscines individuelles et le lavage des voitures à domicile sont notamment interdits. L’arrosage des potagers et des espaces verts est prohibé de jour comme de nuit, sauf exceptions particulières. Les centres de lavage automobile ne disposant pas d’un système de recyclage doivent également fermer.
À Cagnes-sur-Mer, les usages raccordés au réseau d’eau potable relèvent en revanche des restrictions du bassin du Loup, placé en alerte renforcée.
Cannes, Antibes, Grasse ou Valbonne en alerte renforcée
Au total, 46 communes sont désormais classées en alerte renforcée. Sont notamment concernées Antibes, Biot, Grasse, Cannes, Le Cannet, Mandelieu-la-Napoule, Mougins, Vallauris, Valbonne, Villeneuve-Loubet ou encore Tourrettes-sur-Loup.
Dans ces communes, le lavage des voitures à domicile, le remplissage des piscines individuelles ainsi que l’arrosage des espaces verts et massifs fleuris sont interdits, de jour comme de nuit. Les golfs doivent réduire de 60 % leurs volumes d’arrosage, uniquement autorisé la nuit, tandis que les douches de plage doivent être fermées.
Quarante-neuf autres communes sont placées au niveau d’alerte, notamment dans les bassins de la Roya, de l’Estéron et de l’Artuby. Le remplissage des piscines individuelles et le lavage des voitures à domicile y sont interdits, tout comme l’arrosage entre 8h et 20h.
Un déficit de pluie de 17 % et des consommations en hausse
La préfecture décrit une situation météorologique et hydrologique "alarmante". Depuis septembre 2025, le déficit pluviométrique atteint près de 17 % et 81 % des nappes surveillées affichent des niveaux inférieurs aux normales saisonnières.
Les températures ont également largement dépassé les normales, avec des anomalies de +2,9 °C en juin et +3,8 °C en juillet. Dans le même temps, la consommation d’eau a progressé de 18 % par rapport à l’année précédente, malgré les restrictions déjà mises en œuvre.
À l’approche du week-end du 15 août, période traditionnellement marquée par une hausse des consommations, le préfet appelle particuliers, professionnels, touristes et collectivités à réduire leurs usages.
41 poursuites judiciaires après des contrôles
La DDTM et l’Office français de la biodiversité mènent parallèlement des contrôles pour vérifier le respect des mesures, notamment dans les copropriétés et les hôtels.
Depuis le début des restrictions, 60 contrôles ont été effectués. Selon la préfecture, 68 % ont révélé un non-respect de la réglementation et ont donné lieu à 41 poursuites judiciaires.
Les services de l’État préviennent enfin que de nouvelles restrictions sur les prélèvements et la consommation d’eau pourraient être décidées dans les prochaines semaines si la situation continue de se détériorer.