Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) a publié ce lundi matin un nouveau point d’étape sur ses investigations, avec une attention particulière portée au balisage de l’aéroport.
Les faits remontent au 21 septembre 2025, vers 23h30. Un A320 de la compagnie tunisienne Nouvelair, en provenance de Tunis, s’était présenté par erreur sur une piste où se trouvait déjà un A320 d’easyJet Europe, aligné et prêt à décoller en direction de Nantes.
La collision avait été évitée de quelques mètres. L’équipage de Nouvelair avait effectué une remise de gaz en urgence, l’appareil passant à environ trois mètres de l’avion d’easyJet.
Un an après cet incident, le BEA n’a pas encore livré ses conclusions définitives. L’organisme indique poursuivre ses investigations pour déterminer précisément les circonstances de l’événement et les facteurs ayant pu y contribuer.
Les enquêteurs ont notamment exploité les données des enregistreurs de vol, étudié les conditions météorologiques et analysé les échanges radio avec le contrôle aérien. Mais leurs recherches portent également sur le balisage des deux pistes de l’aéroport niçois et sur la manière dont celui-ci pouvait être perçu depuis le cockpit.
Pour approfondir ce volet, une reconstitution a été organisée de nuit en janvier 2026 avec la Section aérienne de la Gendarmerie d’Hyères et un avion mis à disposition par easyJet. L’objectif était notamment de mieux comprendre la perception visuelle des pilotes dans des conditions proches de celles rencontrées le soir de l’incident.
Le Service technique de l’Aviation civile (STAC) a également été sollicité afin d’étudier en laboratoire les caractéristiques du balisage des pistes et leur influence sur sa perception.
L’enquête ne se limite pas aux circonstances immédiates de l’incident. Le BEA étudie également la réglementation européenne applicable au balisage des aérodromes, le fonctionnement du système radar destiné à prévenir les collisions ainsi que de précédents événements de confusion de pistes survenus à Nice ou dans d’autres aéroports à travers le monde.
Sans préjuger des conclusions de l’enquête, le BEA évoque déjà plusieurs "possibilités d’amélioration". Elles concernent notamment la connaissance, par les équipages, de certaines particularités propres aux aérodromes, mais aussi les méthodes utilisées pour contrôler le balisage, au sol comme en vol.
Les investigations se poursuivent. À leur terme, le BEA pourra formuler des recommandations de sécurité destinées à réduire le risque qu’un incident similaire se reproduise.