Alpes-Maritimes : la hausse du carburant frappe les habitants des vallées

Alpes-Maritimes : la hausse du carburant frappe les habitants des vallées
Dans les vallées des Alpes-Maritimes, la voiture reste souvent nécessaire pour travailler, faire ses courses ou rejoindre Nice. - DR

Avec un gazole affiché à 2,409 euros le litre en médiane dans les Alpes-Maritimes au 25 septembre, la hausse des carburants pèse particulièrement sur les vallées. Dans le Haut-Var-Tinée, un actif sur quatre parcourt plus de 50 km pour aller travailler.

Travailler, faire ses courses ou simplement rejoindre Nice : dans les vallées des Alpes-Maritimes, la voiture reste souvent difficile à éviter. Et avec la hausse des prix à la pompe, ces déplacements pèsent de plus en plus sur le budget des habitants.

Au 25 septembre, le prix médian du gazole atteignait 2,409 euros le litre dans les Alpes-Maritimes, contre 2,189 euros pour le SP95-E10, selon un relevé fondé sur les données officielles des stations-service.

À ce tarif, un plein de 50 litres de gazole représente 120,45 euros. À Nice, les données relevées au 27 septembre faisaient apparaître un prix moyen de 2,396 euros le litre pour le gazole et de 2,161 euros pour le SP95-E10.

La progression a été rapide au cours du mois. À l'échelle nationale, le gazole est passé d'une moyenne de 2,218 euros le litre le 1er septembre à environ 2,389 euros le 26 septembre, soit une hausse de 17,1 centimes en moins d'un mois.

Un actif sur quatre parcourt plus de 50 km

Dans l'arrière-pays, cette augmentation se conjugue à des déplacements parfois très importants. Une étude de l'Insee consacrée au Haut-Var-Tinée montre que plus de 20 % des actifs de ce bassin travaillent à Nice ou dans ses communes limitrophes.

Surtout, un actif sur quatre parcourt plus de 50 km pour rejoindre son lieu de travail. La distance médiane domicile-travail atteint 7,9 km.

La dépendance à la voiture dépasse le seul cadre professionnel. Selon l'Insee, quasiment tous les habitants du Haut-Var-Tinée vivent à plus de 15 minutes en voiture d'un supermarché. Trois habitants sur quatre se trouvent également à plus de 30 minutes d'un établissement de soins de courte durée.

À l'échelle départementale, 77 % des ménages des Alpes-Maritimes possédaient au moins une voiture en 2023 et 26,2 % en possédaient au moins deux.

"Bientôt ce sera plus rentable de rester à la maison !"

Dans la Vésubie, plusieurs habitants interrogés témoignent déjà de changements dans leurs habitudes.

Laurent, artisan vivant à Roquebillière et dont l'entreprise est installée à Saint-Laurent-du-Var, évoque environ 200 euros dépensés chaque mois pour son réservoir. Il explique chercher du carburant moins cher lorsqu'il descend vers le littoral et résume : "Bientôt ce sera plus rentable de rester à la maison !"

À Pélasque, sur la commune de Lantosque, Flore mesure également la différence sur son budget : "Avant un plein de diesel me coûtait 50 euros. Aujourd'hui c'est 100 euros."

À Belvédère, Christine a choisi de regrouper davantage ses déplacements. "Quand je descends voir mes sœurs à Nice, j'en profite pour faire les courses. Je fais attention, je sors une ou deux fois la voiture par semaine."

La hausse peut même conduire à renoncer à certains trajets. Laure, 84 ans, dont la maison familiale se trouve à Berthemont, sur la commune de Roquebillière, explique avoir payé 56 euros pour 23 litres de carburant.

Elle envisageait de revenir trois semaines plus tard, avant de changer ses plans : "Je voulais revenir dans trois semaines. Mais avec des tarifs aussi hauts, je dois annuler ma venue."

Et résume son sentiment par une formule : "Ça va nous pousser à un confinement par l'essence."

Les territoires ruraux davantage exposés

Une étude nationale de l'Insee publiée le 8 septembre montre plus largement la vulnérabilité des territoires ruraux face aux dépenses de carburant.

En 2021, 10,6 % des ménages possédant une voiture consacraient déjà plus d'un mois de revenus disponibles annuels au carburant. Cette proportion atteignait 13,5 % dans les intercommunalités rurales, contre 9 % dans les intercommunalités urbaines.

Pour les ménages les plus exposés, la dépense médiane annuelle en carburant atteignait environ 2 698 euros, contre 1 377 euros pour l'ensemble des ménages véhiculés étudiés.

Ces données nationales ne correspondent pas au budget actuel des habitants des vallées des Alpes-Maritimes, mais illustrent l'exposition plus importante des territoires ruraux aux variations du prix des carburants.

Face à la hausse actuelle, le gouvernement a annoncé le 22 septembre un renforcement des aides ciblant notamment les personnes aux revenus modestes parcourant beaucoup de kilomètres. Le nombre de bénéficiaires doit passer de 3 à 5,5 millions.

0 commentaire
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.
Les champs requis sont identifiés par une étoile *
Si vous avez un compte Nice Mag, connectez-vous.
Nous ne vous enverrons pas d'email sans votre autorisation.

Le compte Nice Mag est gratuit et facultatif. Il vous permet notamment de réserver votre pseudonyme pour les commentaires, afin que personne ne puisse utiliser le pseudo que vous avez enregistré.
Vous pouvez créer un compte gratuitement en cliquant ici.