Au centre hospitalier universitaire de Nice, la chambre de Youssef L. est devenue son seul horizon depuis plusieurs mois. À 22 ans, ce ressortissant marocain ne peut plus bouger ni ses jambes ni ses mains, repliées malgré lui, à la suite d’un plongeon qui a mal tourné l’été dernier. Après un long coma et plusieurs interventions chirurgicales, son avenir dépend désormais d’une rééducation spécialisée.
Selon Nice-Matin, le 15 janvier, alors qu’il poursuivait sa convalescence, deux policiers accompagnés d’un interprète se sont présentés pour lui remettre une obligation de quitter le territoire français. Désorienté et isolé, le jeune homme aurait signé le document sans en mesurer pleinement la portée.
Youssef avait quitté le Maroc avec l’espoir de rejoindre l’Italie afin d’y trouver du travail et une régularisation. Son passage à Nice devait être bref. Un plongeon, un choc brutal, puis plus aucun souvenir jusqu’au réveil à l’hôpital ont bouleversé ce projet.
Pendant plusieurs mois, il est resté sans visite, jusqu’à ce qu’une infirmière retrouve des numéros dans ses affaires et parvienne à joindre sa famille au Maroc. L’appel lancé par sa sœur sur les réseaux sociaux, des habitants viennent désormais le soutenir et une cagnotte a été créée pour l’aider.
Un retour au Maroc compliquerait sa prise en charge : le logement familial n’est pas adapté au fauteuil roulant et les centres spécialisés, situés notamment à Rabat, sont éloignés et financièrement inaccessibles pour ses proches.
Son avocat a saisi le tribunal administratif afin de contester l’OQTF et prépare une demande de titre de séjour pour raisons médicales. Il estime que la situation clinique de son client n’a pas été suffisamment prise en considération dans la décision préfectorale. De son côté, la préfecture n’a pas souhaité commenter ce dossier.