Après la déception, le règlement de comptes.
Au lendemain de l’annonce d’un probable transfert des épreuves de glace des Jeux Olympiques d'hiver 2030 vers la métropole de Lyon, le président de la Région Sud, Renaud Muselier, et Hervé Liberman, conseiller régional et président de la Commission Sport et Préparation des JO 2030, ont adressé un courrier particulièrement sévère au maire de Nice, Éric Ciotti.
Le ton est donné dès les premières lignes : "Les épreuves de glace des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 ne quittent pas Nice par fatalité", écrivent-ils, accusant directement le nouvel édile niçois d’avoir fait un "choix politique" en refusant l’adaptation temporaire de l’Allianz Riviera pour accueillir les compétitions de hockey olympique.
"Nice devait être le cœur urbain des Jeux"
Dans cette lettre de quatre pages, les deux signataires rappellent ce que Nice devait initialement accueillir : hockey sur glace, curling, patinage artistique, short-track, village olympique, principal centre médias international et cérémonies de clôture. Selon eux, la ville devait concentrer près de 60 % de la billetterie olympique, faisant du pôle glace niçois le principal moteur de fréquentation des Jeux. "Nice devait être le cœur urbain des Jeux", écrit Renaud Muselier.
Les élus régionaux insistent notamment sur le poids du hockey et des sports indoor dans l’économie olympique, citant l’exemple des Jeux de Milan-Cortina 2026, où 57 % des billets auraient concerné les disciplines de glace.
Renaud Muselier et Hervé Liberman avancent un chiffrage conséquent des pertes potentielles.
Selon leurs estimations, le retrait du pôle glace pourrait priver Nice et la Région Sud de 800 millions à 1,1 milliard d’euros d’impact global, en additionnant les retombées touristiques et événementielles, estimées entre 180 et 280 millions d’euros, la disparition d’environ 300 millions d’euros d’investissements SOLIDEO, les marchés liés à la sécurité, la restauration, l’événementiel et les prestations techniques mais aussi les pertes d’exposition médiatique mondiale, évaluées entre 100 et 200 millions d’euros en équivalent valorisation média.
Les signataires évoquent aussi la disparition probable d’un équipement sportif structurant, le Complexe Omnisports Olympique (COOL), ainsi que de 400 logements post-olympiques prévus pour répondre à la tension immobilière locale.
Au-delà des chiffres, le courrier prend un tour clairement politique.
"Une vision où l’on protège tellement le présent que l’on finit parfois par empêcher l’avenir", écrivent les deux responsables, regrettant une décision qui aurait fait perdre à Nice "une promesse", "un élan" et surtout "le cœur battant des Jeux d’hiver 2030".
Le courrier intervient alors que le COJOP Alpes 2030 considère désormais la métropole de Lyon comme la solution privilégiée pour regrouper l’ensemble des épreuves de glace, une décision qui devrait être officialisée d’ici fin juin.